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Laudato Sì

Sauver notre maison commune et l'avenir de la vie sur Terre

Cité du Vatican, 5-6 juillet 2018

Sr Danielle Julien, fmic.

J'ai eu l'occasion de participer à la Conférence internationale à l’occasion du troisième anniversaire de Laudato Sì organisée par le Dicastère pour la promotion du développement humain intégral. Les participants venaient du monde entier, de toutes les générations, de tous les horizons, pour être et/ou entendre le cri des pauvres et le cri de la terre.

VOIR

Avec de nombreuses données scientifiques, divers intervenants ont souligné l'ampleur de la crise. Notre maison commune est confrontée à un risque d'effondrement et l'humanité fait face au risque d'extinction. La vérité est que la planète Terre s'ajustera, comme elle l'a fait dans le passé. Les formes de vie évolueront, comme elles l'ont fait jusqu'à présent. Mais il se peut que les êtres humains ne soient pas capables de survivre aux conditions extrêmes de la planète. Souvenez-vous des dinosaures.

JUGER

Une poète des Îles Marshall qui a voyagé pendant trois jours pour assister à la Conférence est devenue une métaphore vivante de la crise à laquelle nous sommes confrontés. Alors qu'elle lisait son poème avec une profonde émotion, elle s'est évanouie et s'est effondrée.

Un aîné autochtone du Groenland a eu des mots durs pour nous. Il nous a raconté comment la couverture de glace a été réduite à 2 mètres et continue de fondre. "J'ai invité les grands hommes politiques pour leur montrer la grande glace ; ils n'ont rien fait. J'ai invité des économistes pour leur montrer ; ils n'ont rien fait ; j'ai invité des religieux pour leur montrer; ils n'ont rien fait".

Nous n'avons rien fait.

Nous savons que nous sommes à l'origine de cette crise et que nous faisons partie de la solution. Nous ne pouvons pas réparer les dommages déjà causés. Cependant, il est encore possible de limiter les dégâts. Mais un mouvement mondial massif est nécessaire.

Le temps est venu. Nous devons faire plus, mieux et plus vite !

AGIR

Écoutez le battement du cœur de Dieu.

Écoutez les battements du cœur de la terre.

Écoutez le battement de cœur des pauvres.

            Un seul cœur. Même rythme.

La maison est en feu.

Si on n'en fait pas plus,

mieux

plus vite,

elle sera réduite en cendres.

Littéralement.

Je me suis souvenu des paroles de saint François d'Assise à ses frères, alors qu'il était sur le point d'accueillir Sœur la Mort : "Jusqu'à présent, nous n'avons fait que peu ou rien du tout. Commençons."

Notre Mère Terre a un cancer, ses enfants souffrent et je suis responsable.

Mère ne peut pas respirer. Ses poumons, les forêts amazoniennes, sont en train d'être détruits. Je suis responsable.

Les récifs coralliens meurent. Mère Terre est défigurée. Je suis responsable.

Les créatures marines étouffent dans les déchets plastiques. Elles meurent. Je suis responsable.

Je dois trouver une meilleure façon de faire les choses, mieux et plus vite ! Il le faut !

En tant qu'individus, certaines de nos actions pourraient être de choisir de vivre plus simplement pour que d'autres puissent simplement vivre. Des actions simples dans la vie quotidienne comme manger moins de viande, manger des aliments biologiques cultivés localement (un choix qui n'est pas toujours disponible dans un cadre institutionnel), consommer moins d'énergie, moins d'eau, utiliser moins ou même pas de plastique, marcher chaque fois que possible ; composter les déchets organiques ; réduire (acheter moins), recycler, réutiliser…

En tant qu'institut international, nous voyageons beaucoup et sur de longues distances, ce qui contribue à l'augmentation des niveaux de dioxyde de carbone qui sont l'un des facteurs du changement climatique. Comment pouvons-nous joindre le geste à la parole ? Une façon serait de compenser notre impact en soutenant financièrement les organisations qui travaillent à la préservation de notre foyer commun. Nous pourrions faire un meilleur usage des technologies qui pourraient nous permettre d'"être ensemble" sans avoir à parcourir de longues distances. Nous pourrions également - si nous ne l'avons pas déjà fait – éviter les investissements dans les énergies fossiles. "Si c'est mal de détruire la planète, c'est mal de récolter les débris de l'épave ", a-t-on entendu à la Conférence. Et investir plutôt dans les énergies renouvelables : énergie solaire, éolienne, thermique.

Pourrions-nous fixer un objectif ? D'ici une certaine année, peut-être 2030, les Sœurs FMIC seront neutres en carbone, c'est-à-dire que nous aurons atteint un état dans lequel la quantité nette de dioxyde de carbone ou d'autres composés de carbone émis dans l'atmosphère par nos activités est réduite à zéro parce qu'elle est équilibrée par des actions visant à réduire ou à compenser ces émissions.

Mes dernières pensées me portent vers la vue d'ensemble. Vers la spiritualité cosmique. L'Esprit de Dieu qui souffle à travers l'univers depuis des milliards d'années l'a fait évoluer vers la conscience. Nous sommes l'univers qui se contemple. Serions-nous la fin de l'évolution ? L'univers cesserait-il vraiment de nous faire évoluer, une créature maintenant capable de se détruire en détruisant sa propre maison ? L'Esprit, qui crée toujours quelque chose de nouveau dans l'univers, est plus que susceptible de nous faire évoluer vers un être meilleur. Il en a toujours été ainsi. Ce sera toujours le cas. Et c'est l'œuvre du Christ cosmique qui souffle son Esprit dans l'Univers.

Pour poursuivre notre réflexion et motiver nos actions, nous pourrions peut-être relire l'Encyclique Laudato Sì du Pape François et son discours aux participants à la Conférence.

 

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